(Test Blu-ray) Liz et l’oiseau bleu de Naoko Yamada

Pour cette nouvelle chronique, tournons notre regard vers le Japon et le studio Kyoto Animation. Diffusé au festival d’animation d’Annecy en 2018, le nouveau film de Naoko Yamada arrive enfin en vidéo sur le sol français grâce au distributeur Eurozoom. Magnifique écrin empli de sensibilité, Liz et l’oiseau bleu renferme une perle d’animation qu’il serait dommage de louper, d’autant plus qu’une édition vidéo de qualité est au rendez-vous dans l’Hexagone. L’occasion parfaite de revenir sur une belle réussite.

Synopsis : Nozomi est une jeune femme extravertie et très populaire auprès de ses camarades de classe, doublée d’une talentueuse flûtiste. Mizore, plus discrète et timide, joue du hautbois. Mizore se sent très proche et dépendante de Nozomi, qu’elle affectionne et admire. Elle craint que la fin de leur dernière année de lycée soit aussi la fin de leur histoire, entre rivalité musicale et admiration. Les 2 amies se préparent à jouer en duo pour la compétition musicale du lycée Kita Uji. Quand leur orchestre commence à travailler sur les musiques de Liz und ein Blauer Vogel (Liz et l’Oiseau Bleu), Nozomi et Mizore croient voir dans cette oeuvre bucolique le reflet de leur histoire d’adolescentes.

S’inspirant d’une série de romans d’Ayano Takeda et d’une série télévisée sur laquelle Naoko Yamada a officié en tant que réalisatrice, ce nouveau long-métrage nippon est une douce histoire animée qui fait du raffinement son moteur premier. En privilégiant les émotions à l’action, le long-métrage étonne par les chemins narratifs qu’il emprunte et risque d’en surprendre plus d’un. Fait de non-dits dévoilés par une mise en abyme métaphorique – les deux jeunes protagonistes principales préparent une pièce musicale qui donne son nom au film – Liz et l’oiseau bleu compte sur l’implication sensorielle de ses spectateurs pour émouvoir. Ainsi, les séquences de dialogues à cœurs dissimulés sont souvent entremêlées avec des plongées dans la pièce jouée par les jeunes filles (l’on suit alors deux amitiés distinctes qui ne sont pas voués à se retrouver en fin de métrage). En mêlant deux récits différents (un univers très réaliste et un univers emprunt de merveille), le scénario brise la monotonie qui pourrait s’imposer.

Liz et l’oiseau bleu est avant tout une aventure humaine et féérique aux couleurs chaleureuses : l’attention portée aux détails est évidemment prodigieuse – les nombreux gros plans sur des objets, des instruments ou des pieds ne manquent pas – et aborde toujours l’invisible visible. Tandis que les personnages avouent difficilement ce qu’ils ont sur le cœur, la caméra y parvient avec délicatesse. Film ancré dans sa société, la production de Naoko Yamada dit tout d’une pudeur asiatique bien installée.

Au raffinement scénaristique s’ajoute la délicatesse apportée à l’appart graphique du film. Nimbée d’une lumière douce amère, la production nippone émeut avec préciosité. Le second récit, focalisé sur Liz et l’enfant-oiseau, se fait rare (moins d’un tiers du métrage) mais ravit grâce à une animation plus esquissée laissant libre cours à l’imagination poétique. A l’image d’un oiseau subtilement encrée à l’écran, l’efficacité du film se joue dans les détails, magnifiquement renforcés par le son. Au centre du scénario, la musique – la majeure partie du film a lieu dans une salle de musique – est la première force dynamisant le long-métrage. Sans elle, tout paraîtrait long et redondant mais il n’en est rien et les compositions lient avec fluidité les deux univers du film. Sans tambour ni trompette, l’équipe créative conte une histoire touchante avec une sensibilité rare mais encore faut-il être disposé à s’émouvoir d’une relation ambiguë.

Au final, Liz et l’oiseau bleu est une belle réussite qui saura combler ceux qui oseront se laisser porter par sa douce mélodie filmique. Sommet de délicatesse, le long-métrage est une symphonie de sons et de sentiments à savourer attentivement qui aurait toutefois pu prétendre à l’excellence en accordant une plus grande place au récit métaphorique qui dévoile les sentiments des protagonistes.

EDITION VIDEO

Le distributeur Eurozoom nous a fait parvenir l’édition haute-définition du film, copie qui a été visionnée sur un écran OLED 4K. Le film sera également disponible en DVD et en édition collector (comprenant le DVD, le Blu-ray et un livret).

Image & son : une édition haute-définition forcément magnifique (et il n’en fallait pas moins pour retranscrire la beauté du film) : un environnement chaleureux bien respecté malgré une image parfois un peu pâle qui renforce la pureté de l’animation. Une esthétique cliniquement maîtrisée !

Du côté du son, quatre pistes sont au rendez-vous : deux pistes en version originale sous-titrée (DTS-HD Master Audio 5.1 ou Dobly Digital 2.0) et deux pistes en version française (Dolby Digital 5.1 ou 2.0). Et comme pour l’image, il fallait une édition ciselée pour retranscrire au mieux le soin apporté à l’univers sonore du film. C’est le cas ! Evidemment, l’on aurait apprécié une version haute-définition sur la piste française mais il est fortement conseillé de découvrir le film en version originale…

Interactivités :

  • Entretien avec la réalisatrice (Naoko Yamada) : entretien forcément passionnant au cours duquel la réalisatrice du film confirme les choix effectués.
  • Entretien avec Ayaka Tatamino de Homecomings : entretien fort intéressant et conséquent (plus de dix minutes) avec l’interprète de la chanson-thème.
  • Making-of (14min) : musique (premier élément du making-of, ce qui souligne l’importance de cette partie au sein du long-métrage), animation, character design + interventions de la réalisatrice au fil du bonus. L’image et le son au centre du projet, si l’on en croit les éléments retenus pour le making-of.
  • Avant-première : suivi de l’équipe du film (très féminine) le jour de la première présentation du film au Japon. Une nouvelle occasion pour les créateurs/doubleurs du film de revenir sur la production de celui-ci.
  • Conférence de presse : intervention de l’auteur et de la réalisatrice lors d’une conférence de presse (un peu court mais intéressant).
  • Démonstration de doublage : séance en public commentée par la réalisatrice (fort intéressant) + avis de la jeune doubleuse.
  • Message de Naoko Yamada : auto-promo dispensable (qui fait doublon avec l’interview)
  • Message de Ayaka Tatamino : inutile ?
  • Clips des décors : anecdotique mais intéressant lorsque l’on sait que les décors ont une importance capitale dans le film.

En fin de compte, on ne peut que saluer le soin apporté à l’édition vidéo du film. L’équipe d’Eurozoom prouve qu’elle soutient pleinement les œuvres qu’elle distribue, d’autant plus que les plus grands fans du long-métrage pourront même se procurer un coffret collector comprenant un livret de 36 pages complétant les bonus de la galette vidéo.

Article rédigé par Nathan

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