Que se passe-t-il chez DreamWorks Animation ?

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Avec le rachat de DreamWorks Animation par Comcast et sa récente finalisation, le jeu des chaises musicales n’a pas tardé. Rappelez-vous que si Comcast a acheté la compagnie de Jeffrey Katzenberg, c’est en priorité pour son département télévision, ce qui manquait à NBCUniversal. La filière cinéma, malgré tous les talents et la technologie qui s’y trouvent, reste un intérêt secondaire. Ce qui suscite des inquiétudes en coulisses. Afin d’éclaircir certaines rumeurs, une source désirant rester anonyme m’a informé plus avant. À tous seigneurs tout honneur :

Les nouveaux boss, baby.

Si Katzenberg laisse sa chaise à Donna Langley (également aux commandes d’Universal Pictures), il ne part pas si loin que ça puisqu’en plus d’un chèque substantiel, il prend la tête de DreamWorks new media, et supervisera les parts de NBCUniversal dans AwesomenessTV et NOVA. Du côté du secteur télévision et cinéma, rien n’a vraiment bougé : on retrouve le binôme Bonnie Arnold/Mireille Soria, qui devront répondre de leurs décisions concernant les longs-métrages aux cadres d’Universal et Margie Cohn sera à la tête de la fusion entre des départements animation de DreamWorks TV et Universal télévision.

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A la tête de DreamWorks Animation, de gauche à droite : Donna Langley, Mireille Soria, Bonnie Arnold, Margie Cohn.

Étrangement, le nom que tous murmuraient n’apparaît nulle part. Chris Meledandri, en dépit des rumeurs, ne prend pas le contrôle de Dreamworks Animation, ni aucune position dans la hiérarchie… pour le moment. Le patron d’Illumination est actuellement très occupé avec Tous en Scène, ce qui expliquerait son manque d’implication dans cette nouvelle acquisition. Mais qui sait ce que l’avenir réserve ?

DDU : c’est fini.

DDU, c’est l’acronyme de Dreamworks Dedicated Unit, qui représentait le partenariat entre Technicolor India et DreamWorks Animation, qui était en vigueur depuis 2008. Dreamworks Dedicated Unit s’occupait d’un certain nombre de tâches sur les longs-métrages DreamWorks (Le Chat Potté) et s’occupait des spéciaux TV comme Shrek, fais-moi peur ! ou Joyeux Noël Madagascar, en utilisant le même pipe line et outil qu’au campus de Glendale mais à Bangalore, surnommée la Silicon Valley de l’Asie.

Amid Amidi de Cartoon Brew trouve le geste curieux car ces dernières années, DDU avait embauché massivement pour subvenir aux besoins constants de DreamWorks Animation, au grand dam des employés travaillant à Glendale, car ce sera le point positif pour les américains : ce travail leur reviendra, ce qui devrait éviter des licenciements sur le site même du quartier général de DWA.

Oriental DreamWorks : rien ne bouge.

La structure chinoise, bien que plus coûteuse que DDU, ne sera pour le moment pas impacté par des licenciements ou une fermeture pour une raison simple : la présence d’Oriental DreamWorks, des artistes et des techniciens qui y travaillent garantissent de facto une sortie en salles chinoises aux long-métrages DreamWorks Animation. Le box-office chinois étant très convoité, vous pouvez facilement déduire la raison de cet immobilisme.

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Une photo du studio Oriental DreamWorks ©LA Times

Que se passe-t-il à Glendale ?

A l’heure actuelle, la situation est floue : NBCUniversal commence seulement à lancer des audits pour déterminer la suite des événements. Y-aura-t’il d’autres licenciements ? Il faudra attendre pour le savoir, et la santé même du département cinéma dépend essentiellement des profits des prochains films de l’écurie, Les Trolls pour cette fin d’année, Baby Boss et Superslip (dont l’animation est assurée chez Mikros). Pour le résultat des audits, il faudra attendre fin novembre, ce qui pourrait hélas déjà signifier des départs, pour peu que certains services soient jugés de trop… Après la fermeture de PDI, les 500 départs de début 2015 et les 200 de 2016, les craintes sont justifiables.

D’autant plus que du côté des sorties, une rumeur insistante mais que ma source ne m’a pas confirmé laisserait penser que les longs-métrages de 2018 seraient échelonnés à un par an, Dragons 3 se voyant au passage amputé de la moitié de son équipe de travail et Larrikins repoussé en 2019 pour retourner en phase de « story », ce qui est plutôt mauvais signe. Ajoutez à cela la récente annulation des Croods 2

Du côté des artistes, ma source a néanmoins pu me confirmer le tweet ci-dessus de Daniel Lay (aka VFXSoldier), qui rapportait que DreamWorks Animation n’embaucherait plus que sur des contrats courts, le temps d’une partie de la production (contrats pouvant être rompu à n’importe quel moment), et non plus sur de plus longues périodes pouvant englober des moments légèrement creux entre deux productions, comme ça pouvait être le cas à une autre époque. Il faut souligner que les contrats longs étaient de moins en moins pratiqués ces dernières années, ce qui prouve que la situation avant le rachat commençait déjà à changer.

Souhaiter le succès…

Même si Coralie n’a pas aimé Les Trolls, on ne peut pas nier que les artistes qui travaillent sur les longs-métrages DreamWorks Animation sont parmi les meilleurs au monde… ce qui déçoit encore plus lorsque le fond n’est pas au niveau de la forme. On ne peut donc que souhaiter le succès au studio, depuis Baby Boss, Superslip, Dragons 3, à Larrikins et même Shrek 5 (!) un box office à la hauteur des attentes de NBCUniversal, qui n’hésitera jamais, à n’en pas douter, à montrer en exemple Illumination, alors même que la situation des deux structures est radicalement différente.

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d'animations. Adore fureter sur l'internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr

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