Premières infos sur « Bao » de Domee Shi, le nouveau court Pixar !

Il aura fallu 25 ans à Pixar pour confier un court-métrage à une femme, et c’est la talentueuse Domee Shi qui a pu s’atteler à la tâche, soutenue à la production exécutive par Pete Docter et à la production par Becky Neiman-Cobb. Découvrez Bao !

Une femme chinoise reçoit une autre chance d’être mère lorsqu’un de ses petits ravioli prend vie, le genre de magie animée entre parentalité et création qui rappelle Pinocchio. Mais dans Bao, la mère doit accepter l’amère révélation que rien ne reste petit et mignon pour toujours.

Domee Shi a été inspiré dans l’écriture par la saveur de son éducation connue par seulement les enfants d’immigrants chinois. Elle s’est confié à Entertainment Weekly : « De temps en temps je sentais que ma mère voulait me traiter comme un petit et précieux ravioli, voulant que je sois en sécurité, c’est à dire que je ne sorte pas tard le soir, ce genre de chose. Je voulais juste créer ce conte de fées magique et moderne, à l’image de l’histoire du Bonhomme en pain d’épices. Le mot « bao » signifie deux choses en chinois : premièrement, ça signifie petit pain vapeur. Mais on dit aussi qu’il signifie quelque chose de précieux. Un trésor. »

Le double sens fait merveille, et Bao illustres la masure de ce qu’une mère  peut faire pour protéger son enfant, même si elle voit son doux bébé grandir et devenir amer. (« Qu’est-ce que la puberté pour un ravioli ? » Shi nous demande. La réponse : des graines de sésame.) C’est une pure coïncidence si ce court, diffusé avant Les Indestructibles 2, explore aussi la thématique maternelle, le long métrage étant centré sur Helen Parr, alias Elastigirl (interprétée en français par Deborah Perret), mais ce n’est pas un accident si Bao provoque un ressenti si personnel et familier.

Quand l’univers de l’histoire s’est mis en place après que Shi ait présenté des concept arts à une réunion du studio, des employés ayant des parents immigrés l’ont contacté, ainsi que sa productrice Becky Neiman-Cobb, impatients de travailler sur le court (un effet similaire à ce qui s’est passé l’an dernier avec Coco, qui a reçu le même enthousiasme de la communauté latino-américaine de Pixar). « Ça ressemble vraiment à une histoire universelle à laquelle beaucoup de gens peuvent s’identifier » raconte Shi. « Nous avons reçu une tonne de mails de la part de personnes s’identifiant au personnage de la mère ou au personnage du ravioli, en disant : « Attendez, c’est moi. » ou « C’est mes parents »,  ou « Je me reconnais là-dedans maintenant. »

« Je sentais que ma mère voulait me traiter comme un petit et précieux ravioli, voulant que je sois en sécurité, c’est à dire que je ne sorte pas tard le soir… » – Domee Shi

Une autre volontaire désireuse d’aider : la mère de Shi, Ningsha Wong – une « experte du ravioli » dont sa fille fait l’éloge – a servi de consultante culturelle et a donné deux gros plans de ses mains réalisant des raviolis, en référence pour que les animateurs les étudient intimement. « Nos directeurs techniques et équipe d’effets spéciaux ont posé la caméra au plus proche de ses mains et ont enregistré chaque petit détail de comment elle pliait la boule, comment elle coupait chaque morceau, comment elle roulait chaque feuille de riz pour obtenir une boule parfaitement formée » se souvient Shi. « Nous avons recréé ses plans avec ses mains et les avons utilisé comme référence pour l’animation. »

Et il y aussi l’intérieur qui compte. Alors que le design extérieur du Ravioli était un exercice dans le domaine du mignon, les membres de l’équipe qui ont aussi travaillé sur Ratatouille en 2007, ont averti l’équipe de Bao que designer la nourriture à l’intérieur du ravioli ne serait pas du gâteau.  » Vous connaissez Pixar et vous connaissez le type d’effets dont ils sont capables : des explosions, de l’eau et des éclaboussures, du feu et des explosions. » dit Neiman-Cobb.  » Un de nos plus gros défis, et ce qui a fait mettre à genoux le département effets spéciaux, était la garniture de porc du Ravioli. C’était difficile. Nous avons appris qu’il y a une fine ligne entre avoir l’air délicieux et appétissant et avoir l’air faux et dégoutant. Faire en sorte que la nourriture ait l’air délicieuse fut une grande réussite. »

L’appétence des aliments est un défi que l’on retrouve aussi en animation traditionnelle, et j’ai eu l’occasion d’approfondir le sujet avec Laurène Braibant pour son court-métrage L’Ogre, mais aussi évoquer la question de la gestion des liquides avec Janice Nadeau pour Mamie. Rendre matériel et sensitif la nourriture par des moyens créatifs immatériels est une grande question car la nourriture se fait souvent symbole de souvenirs et parfois même de sensualité. La cuisine devient alors vecteurs de thématiques beaucoup plus intimes.

Carte de vœux 2015 par Domee Shi (source : instagram)

Du côté de Pixar, il est possible qu’ils soient allés trop loin : « Nous avons fait beaucoup de « recherches » où avons mangé beaucoup de petits pains » a confié Shi,  » à tel point que je ne pouvais plus manger un autre ravioli. Je ne pouvais plus aller à des réunions sur l’avancement de Bao à regarder des plans de ravioli en train d’être cuisinés et j’étais là : Oh mon dieu… J’ai encore faim. »

On remarque aussi que Bao s’inscrit dans la lignée de Raison, Déraison ou Sanjay et sa super équipe où Disney Animation et Pixar avaient lancé la thématique d’écriture de « Raconter sa propre histoire » (« Tell your own story »), et on avait hâte d’en découvrir d’autres, là où Piper était assez léger en tant qu’exercice intime. J’attends au moins autant d’efficacité et de justesse des sentiments comme garniture de choix de ce dernier.

Pour aller plus loin sur les questions de transmission familiale et de cuisine, je vous invite à regarder l’épisode « Pâtes farcies ou raviolis » de la série documentaire Netflix Ugly Delicous, créée par David Wang où il met en tension le ravioli italien et chinois avec des discussions avec des spécialistes des deux côtés du globe. On y découvre même une charmante grand-mère chinoise qui enseigne la technique du pliage au célèbre chef (Spoiler : il n’est pas doué). Si avec ça, votre corps n’est pas prêt, je ne peux plus rien pour vous !

Pour ma part, je n’étais pas motivée pour Les Indestructibles 2 mais là, ça change tout ! Je prendrai donc ma place pour la séance du prochain festival d’Annecy.

Source des citations : EW

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr

  • reply Charliee ,

    Ça a l’air très mignon ! Vivement la sortie des Indestructibles 2 pour pouvoir dévorer ce court-métrage ! :)

    • reply Muriel ,

      Oui, il ouvre l’appétit. Disney Pixar fait preuve d’originalité et de pertinence dans leurs choix d’artistes pour leur courts, en espérant que le studio continue dans cette voie.

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