[O.A.N.I.] Redline, la course à la mort de l’an 200.000 !

Si vous êtes un néophyte de Takeshi Koike, sachez qu »il a commencé à travailler dans l’animation dès les années 90 et s’est notamment fait remarquer pour son travail sur la série Afro Samurai et sur Blood : the last vampire. En 2003, il a participé au segment World Record du projet Animatrix et sur la séquence animée de Kill Bill Vol. 1. Il a plus récemment supervisé les dernières séries et spéciaux Lupin III. Redline est son premier long-métrage qui a directement débarqué en vidéo sur le sol français après avoir écumé les festivals.

Dans un futur lointain, « gentil » JP et d’autres coureurs automobile s’affrontent pour gagner la course clandestine qui se déroule une fois tous les 5 ans quelque part dans l’univers : Redline. Dans cette course, tout est permis et les véhicules sont tous modifiés pour anéantir les adversaires et dépasser les limites de la vitesse.

L’intrigue principale du film tourne autour d’une course automobile galactique, la Redline, réunissant des concurrents aussi atypiques les uns que les autres, depuis les chasseurs de primesaux renégats d’empires militaires. Les deux personnages humains principaux possèdent une histoire et des motivations différentes afin de gagner cette course, qui apporte prestige et richesse à son vainqueur. Lui, JP, jeune homme à l’allure dégingandée et un passé de tricheur, traîne dans les milieux infréquentables et participe à la course pour la gloire. Elle, Sonoshee, a fait de la course sa destinée et y travaille depuis sa jeunesse, passionnée par la mécanique et le pilotage. La galerie de personnages se présente comme une joyeuse bande à la fois colorée et folklorique.

Qu’ils soient humains, cyborgs ou animaux extraterrestres, leurs différences rendent leurs échanges parfois pimentés. JP se détache par son look rétro et sa coiffure en banane très fifties. Sonoshee quant elle possède une chevelure verte et rose, est habillée d’une combinaison rose pétante faisant penser aux pin-ups des années 80. L’univers graphique se détache des animés actuels par un character-design à l’influence très européenne. Les personnages extra-terrestres colorés font penser à l’univers du magasine Métal Hurlant populaire dans les années 70. La conception du film se détache de la production de l’animation actuelle, car il a été réalisé sans l’aide de l’outil informatique, ce qui a demandé un investissement de cinq ans pour les animateurs.

Les personnages possèdent des couleurs vives en aplat et un encrage marqué qui se démarque de l’animation nuancée et texturée des films d’animation numérique. Les voitures font partie intégrante de l’intrigue et ont été conçues avec un soin tout particulier. En effet, elles sont l’extension des personnalités des héros de la course. Par exemple, Sonoshee conduit une voiture rose aux formes féminines généreuses et JP une Camaro jaune et blanche équipée d’un moteur surpuissant, icône traditionnelle de la vision américaine de la course de voitures. Elles sont le prolongement de la personnalité des coureurs et ont ainsi des formes originales, faisant des références à des courants esthétiques connus (méchas, magical girls, etc.). On se prend d’ailleurs au jeu à repérer des références animées aussi fun que ludiques telles que Basic Instinct ou Terminator.

On peut aussi faire des rapprochements entre cet animé et le célèbre Course à la Mort de Roger Corman ou plus près de nous la série animée Motorcity de Chris Prinosky. La passion pour l’automobile du réalisateur va de pair avec un travail résolument esthétique de la vitesse. Les personnages et leurs voitures s’étirent afin de faire résonner graphiquement la vitesse pour le spectateur, cette dernière prend ainsi une dimension organique et immersive pour le spectateur. Cette spécificité est propre au réalisateur Takeshi Koike qui avait travaillé le sujet sur son segment d’Animatrix : World Record en exploitant la vitesse par le biais du dépassement physique du coureur, ce qui s’était traduit par une distorsion à la limite du déchirement de son corps et de sa chair.

Mater Redline est semblable à un orgasme automobile où l’on prend goût à la vitesse tout en se perdant dans cet univers coloré et vivant, on sort de la vision du film à la fois épuisé et rassasié par une animation aussi dingue. On a envie de prendre la route avec Sanoshee et JP et pour cela je vous à vous rendre à le commander chez Kazé vidéo dont le blu-ray possède en plus un disque making of.

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr

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