Édito : Le pied à l’étrier.

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Si les grands studios ne s’en laissent pas compter dans leur guerre pour la domination du box-office, il est salutaire de se rendre compte à quel point le net, et à fortiori des sites de dons tels que kickstarter ont pu faire éclore des projets indépendants de film d’animation aussi nombreux qu’intéressants.

En chef de file de cette tendance, il n’est guère surprenant de retrouver l’infatigable Bill Plympton, pionnier du cinéma indépendant et de l’échange avec les amateurs d’animation, allant jusqu’à poster une webcam au-dessus de sa table à dessin afin de montrer le processus de fabrication même d’une scène ! Nous le retrouverons par ailleurs au festival d’animation d’Annecy où il parlera plus amplement du sujet, que vous retrouverez dans notre webzine dédié.

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Mais derrière cet arbre se cache une forêt plus dense et multiple, où se côtoient des brouillons de futurs long-métrages coincés dans les limbes hollywoodiennes (coucou The Goon!) en passant par des projets de science-fiction cumulant tout type d’animations comme le Mad God de Phil Tippett ou encore les malchanceux Shel et Justin Rasch, qui ont vu fuir un investisseur en plein début de post-production de leur court-métrage Dogonauts.

Une multitude de cas et de personnes différentes, dont se détachent de si nombreux projets, comme Mr. Plastimime de Daniel Greaves, l’homme derrière le très beau moyen-métrage Flatworld et compère de Simon Tofield, qu’il a persuadé de tenter l’aventure de Simon’s Cat.

Son court-métrage raconte l’histoire de Graeme, un artiste mime sous-estimé dont le talent va fusionner avec la réalité. Il est d’ailleurs étonnant que Greaves ait dû s’en remettre aux internautes malgré l’Oscar qui repose sur sa cheminée, ce qui montre combien les modes de financement de l’animation sont impénétrables.

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Un autre film, qui sera visible en compétition à Annecy, est Kick Heart de Masaaki Yuasa, en collaboration avec Production IG, narrant l’histoire d’amour d’un catcheur et d’une nonne. Là aussi, venant d’une nation qui nous abreuve continuellement d’animation, le cas est curieux, mais montre également les limites de ce que les producteurs estiment être le « commercialement viable »

Et en France me direz-vous ?

Dans notre beau pays, nous avons déjà la chance de pouvoir réclamer un certain nombre de subventions (nationale par le CNC, régionales ou même locales via les collectivités afférentes) ce qui donne un peu de moyen à des entreprises comme TibogoAnimation d’aider des artistes français travaillant outre-atlantique à poser leurs projets personnels ou à de récentes tentatives qui dépassent le festival d’Annecy, comme le court-métrage l’offrande de Basile Bohard sur la plate-forme TousCoprod.

C’est une nouvelle forme d’indépendance qui s’offre aux artistes et malgré les polémiques qui peuvent éclater, un avenir exaltant qui s’est ouvert aux amateurs d’animation !

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d'animations. Adore fureter sur l'internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr

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