[Critique VoD] Resident Evil : Vendetta.

 

Dur dur la vie d’amateur de films d’animation en CGI. Si certains en valent carrément la chandelle, d’autres nous rappellent qu’importe le format, un mauvais film est un mauvais film. Hélas, ce Resident Evil : Vendetta qui nous est livré par Marza Animation Planet et une nouvelle équipe différente des deux opus précédents tend vers la seconde catégorie. Explications.

Pourtant ça commençait bien…

Une équipe de choc du BSAA menée par le capitaine Chris Redfield infiltre un manoir lié à une opération de contrebande du B.O.W., qui se trouve être infestée de zombies provenant d’un nouveau virus. Chris découvre que l’homme derrière tout ça est Glenn Arias, un marchant d’armes recherché par Interpol, mais Arias prend la fuite la fuite lorsque le manoir explose. Chris est rejoint par une experte du BSAA, le Dr. Rebecca Chambers, qui commence à rechercher un remède pour combattre le virus du manoir. Le laboratoire est attaqué par l’un des complices de Arias mais Chris parvient à sauver sa collègue de l’infection. Cette attaque attire l’attention de de l’agent Leon S. Kennedy, qui est lui aussi sur les traces d’Arias sur ordre du président. Tous concluent qu’Arias est impliqué dans une tentative d’attaque terroriste et se rendent à New York pour le retrouver avant que le drame n’ait lieu…

Successeur des séries B Resident Evil : Damnation et Resident Evil : Degeneration, Vendetta agit comme une suite à ces derniers tout en ayant qu’un rapport assez lâche avec eux. On y retrouve un certain nombre de personnage déjà connu, comme Leon S. Kennedy ou Chris Redfield, mais l’ellipse temporelle permet de les avoir fait évoluer et de modifier leurs personnalités pour ce long-métrage. Mais pour quel résultat : comme son nom l’indique, Vendetta nous fait suivre la vengeance d’un trafiquant d’armes, Glenn Arias, ayant survécu à un raid de missiles lancé par le BSAA.

Drame de l’alcoolisme en CGI : même poivrot, on reste beau.

Avec entre ses mains un certain nombre de virus permettant la mutation zombie, dont une nouvelle itération qui permet aux hordes de différencier un ennemi d’un allié, Arias veut réduire New York en poussière… plan classique s’il en est, la souffrance de notre antagoniste nous sera assénée par le biais de flash-backs bien lourds et d’une personnalité grotesque dont le point d’orgue sera de tenter un mariage forcé avec Rebecca Chambers, la scientifique/victime/demoiselle en détresse qui est au centre de l’argument scientifique du métrage, et la mise en avant de deux sbires à peine explorés, qui se partagent les rôles du monstre et de la femme fatale.

Et c’est à peu près tout ! Si Chris (qui veut se venger du vengeur) et Leon (en mode « trop vieux pour ces conneries ») sont les vecteurs de l’action, leurs traits principaux se bornent à être en désaccord et à se disputer sur divers sujets avant une réconciliation finale motivée par leur victoire contre Arias.

Il y a bien quelques questionnements intéressants qui surgissent au détour de certaines séquences, comme l’ingérence du BSAA dans les affaires de terrorisme, le sacrifice sans fin des héros et de leur entourage pour endiguer les armes biologiques zombies ainsi qu’une activation du virus plutôt maline, mais l’ensemble est expédié dès le retour de l’action, où Leon oublie la bouteille pour une course-poursuite endiablée au cœur de New-York mettant bien trop en valeur sa moto, ou encore un tir de railgun sur le monstre final qui ne fait que le blesser, mais n’épargne pas les buildings alentours (au moins cinq s’écroulent !)…

Ceci n’est pas une image illustrant le combat de Leon S kennedy contre l’alcool

Mis en scène de manière fonctionnelle par Takanori Tsujimoto, Resident Evil : Vendetta fait le travail sans fioriture mais sans être exceptionnellement brillant non plus. Passé la première demi-heure, tout ronronne et seules les séquences d’action sortent de la torpeur, empruntant à d’autres films (comme un affrontement kung-fu/armes à feu faisant penser à Equilibrium) et la fameuse course-poursuite en moto dans un New-York en panique, où c’est Marza Animation Planet qui montre ses limites.

En effet, si quelques séquence pêchent par l’animation parfois très rigide des visages des personnages (Uncanny Valley bonjour !) le climax New-Yorkais laisse un sale goût d’incomplétion avec ses quelques scénettes mettant en scène des quidams et ses reprises de mouvement aériens pour les transitions, c’est un aspect un peu fauché qui prime, alors même que le reste des décors est très honnêtes et que la première demi-heure fait un gros travail de mise en ambiance dans le style des jeux originaux.

Ce qui est dommage car on sent que le remplaçant de Digital Frontier pouvait faire mieux que ça, il n’est pas aidé par un scénario finalement bête comme ses pieds, qui n’essaie jamais de transcender son propos de base, au profit d’une série B certes carrée mais finalement aussi vaine que les films de Paul A. Anderson. Ce que l’on pouvait espérer comme nouveau départ se retrouve noyé dans la même mélasse habituelle, et la modernisation voulue par la nouvelle équipe n’est que cosmétique, et vous savez comme moi que ce genre de films vieillit vite… et souvent mal. Un coup d’épée dans l’eau, à réserver aux fans hardcores de la saga, qui profiteront certainement de ce que les deux (?) disques de l’édition physique du film doit offrir.

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d’animations. Adore fureter sur l’internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr


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