[Critique cinéma] Le Vent dans les roseaux.

Un an après La Chouette entre veille et sommeil, l’oiseau aux grandes lunettes revient avec une cuvée toute fraîche remplie de contes et de poésie autour du thème de la liberté, toujours supervisée par Arnaud Demuynk avec le concours des Films du Nord, la Boîte…Productions et Digit Anima. Le réalisateur et scénariste a dit quelques mots au sujet de cette nouvelle sélection :

De l’humour, de l’audace et un brin de folie portent les héroïnes de ce programme vers un pays où les filles jouent au chevalier, où elles se lient d’amitié avec dragons et licorne, où elles créent les étoiles pour donner à la nuit terrifiante sa douce clarté, où elles soulèvent leur peuple par la musique contre un roi injuste ! Le Vent dans les roseaux souffle un vent de poésie et de liberté !

Dentelles et Dragon – Anaïs Sorrentino – 5.12 minutes – 2015


Cette anthologie débute par l’aventure de la jeune Roxane qui s’ennuie ferme à la dinette rose bonbon de ses amies, elle qui préfère devenir chevalier et partir à la recherche d’un dragon. A l’image de Dorothy du Magicien d’Oz, la jeune fille va rencontrer des compagnons qui ont des rêves et des aspirations à devenir quelqu’un d’autre. Porté par une esthétique crayonnée et pastelle, ce court nous dévoile une héroïne imaginative et au caractère bien trempé qu’on a envie de suivre dans d’autres péripéties. Avec son entrée en plein dans l’action, Dentelles et Dragon constitue une amorce sans chichis ni détour dans ces aventures féériques.

La chasse au dragon – Arnaud Demuynk – 6.24 minutes – 2015


Deux jeunes garçons décident de partir à la « chasse au dragon » tout en faisant savoir à la jeune sœur que ce n’est pas un jeu pour les filles. Seulement voilà, seule la petite fille connait la cachette secrète du dragon. La relation entre la fillette et le dragon évolue dans une telle tendresse et douceur qu’il est difficile de pas faire « Awwwwww » devant l’écran. Alors oui, on a l’air bête, mais faut assumer le bisounours qui se cache en chacun de nous. Adapté du livre La chasse au dragon d’Andréa Nève et Jean-Luc Englebert, les personnages et les décors possèdent cette pâte peinte des livres d’images.

La Petite Fille et la Nuit – Madina Iskhakova – 8.43 minutes – 2015


Pour le court-métrage qui suit, l’ambiance est totalement différente. Notre jeune héroïne s’occupe de ses trois bœufs à la ferme, lorsqu’un jour un  petit oiseau multicolore lui dépose un bébé puis rentre dans le cœur du nouveau-né. La Nuit, en colère, décide de s’emparer de l’oiseau afin qu’il chante pour elle. La petite fille va alors prendre la situation en main pour sauver son petit frère. La Petite Fille et la Nuit surprend par son approche mythologique et englobante de la déité nocturne ce qui rappelle le personnage iconique de La Reine de la nuit dans La flûte enchantée de Mozart.

Avec ce parti-pris, cette âpreté et l’utilisation d’un aspect papier découpé, la réalisatrice nous donne à découvrir un conte à la saveur particulière. Recommandé et approuvé !

La Licorne – Remi Durin – 13 minutes – 2017


Présenté dans la sélection Jeune Public au dernier Festival International du film d’animation d’Annecy, la Licorne ne m’avait pas laissé indifférente. On y découvre un roi fantasque, interprété magnifiquement par Jean-luc Couchard, qui après une balade une forêt désire plus que tout une Licorne. Son chevalier fait alors moults essais les plus cocasses les uns que les autres jusqu’à ce que la reine décide d’aller en forêt. Cette histoire joue intelligemment entre la poésie, la nature et le cadre du château, la puissance et la beauté des décors nous laissent dans une contemplation bienvenue.

La Licorne est un court aussi précieux que sa légende, qui se laisse voir et revoir sans problème.

Le Vent dans les roseaux – Nicolas Liguori et Arnaud Demuynck – 26.37 minutes – 2017


La jeune Eliette vit dans un royaume où  la musique et sa pratique sont prohibées. Un jour, son chemin va croiser celui d’un troubadour qui va lui redonner gout à la liberté. Fort de sa portée politique forte, ce court défend aussi la créativité et la solidarité alors que les temps sont durs. On peut souligner que les concepts de liberté et de musique sont poussés jusqu’à l’abstraction faisant appel à des moments pleins de synesthésie. On est bien entendu porté par le courage d’Eliette et les facéties du troubadour face à l’oppression, mais conjugué à la volatilité de la musique, une profondeur notable est ajoutée.

Ce court-métrage est plus long que ces voisins de l’anthologie cependant, grâce à son rythme, on ne le voit pas passer.

La Chouette est décidément un animal malin et surprenant, car avec Le Vent dans les roseaux, on découvre des héroïnes aussi courageuses que touchantes. On a envie de suivre chacune d’entre elle dans d’autres aventures car elles possèdent un « je-ne-sais-quoi » qui les rend uniques. Je vous invite à vous rendre dans votre cinéma le plus proche pour découvrir cette fine anthologie. Pour prolonger l’expérience de la salle, vous pouvez partager avec vos enfants la lecture du livre Le Vent dans les roseaux, édité chez l’Apprimerie.

Sortie en salles le 18 octobre 2017, distribué par Cinéma Public Film.

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m’entendre faire grawr sur Grawr.fr


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